0 Comments

Déplacements, transports en commun, mariages, plages et forêts : le déconfinement coupe le pays en deux et accorde partout une liberté limitée. Le retour à la normale est encore loin.

Dernier week-end cloîtré avant un léger souffle de liberté. Après deux mois de confinement qui ont permis une nette décrue de la pandémie, «la France est divisée en deux», a constaté jeudi le premier ministre. Quatre régions dont l’Île-de-France, soit plus du tiers de la population, demeurent en zone «rouge»: les collèges et les parcs y resteront fermés. A Mayotte, où le nombre de morts continue à augmenter, le déconfinement est carrément renvoyé au-delà du 11 mai. C’est donc «un processus très progressif, au minimum sur plusieurs semaines» qui débutera ce lundi: «pas de relâchement de la vigilance!», a martelé Edouard Philippe. Tout en desserrant l’étau, le gouvernement maintient ou instaure de nombreuses obligations: ce n’est pas en mai, encore, que les Français feront ce qui leur plaît.

 Quelle attestation pour quel trajet?

Plus d’attestation de sortie à produire pour aller faire ses courses ou promener le chien! Mais comme il est autorisé de se déplacer dans un rayon de 100 km à vol d’oiseau autour de son domicile, une attestation justifiant d’un «motif professionnel ou familial impérieux» sera nécessaire, dès lundi, pour les voyages plus lointains. Tout comme l’ancienne, la nouvelle attestation sera accessible via le site internet du ministère de l’Intérieur en format papier ou numérique. A noter que la limite des 100 km «ne s’applique que si on quitte son département de résidence, a nuancé le ministre de l’Intérieur. 

Parcourir plus de 100 km au sein de son département reste possible». Des contrôles seront organisés dans les gares, les aérogares ou sur certains tronçons d’autoroutes et de routes à grande circulation. Parfois aussi aux abords de destinations touristiques. Le ministre a cité en exemple un contrôle de voiture: «Soit c’est un trajet de plus de 100 km hors de son département de résidence et vous devrez fournir cette attestation, soit c’est un trajet de moins de 100 km et un simple justificatif de domicile sera suffisant – l’attestation d’assurance, une facture, un chéquier». Des restrictions aux frontières avec les pays européens seront toujours en cours «jusqu’au 15 juin au moins», a indiqué Christophe Castaner, précisant que la fermeture était maintenue avec les autres pays.

● Et en Île-de-France?

Dans cette région où le déconfinement s’annonce critique, l’accès aux transports en commun sera «réservé aux heures de pointe aux personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer»: raison de santé, convocation de justice, accompagnement des enfants… L’attestation employeur sera contrôlée entre 6 h 30 et 9 h 30 puis entre 16 heures et 19 heures, a précisé la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. «En dehors de ces plages horaires, les transports qui ne seront pas saturés sont évidemment ouverts à tous», a-t-elle souligné.

Alors qu’approche la saison des mariages, impossible de savoir quand ils pourront de nouveau être célébrés. «Les mariages continueront d’être reportés, sauf urgences» (si l’un des époux est mourant…), indique le ministère de l’Intérieur. À partir de lundi, il sera en revanche possible de participer à une réunion de famille, si elle est limitée à 10 personnes. Les cérémonies funéraires, demeurent restreintes à 20 personnes.

● Pourra-t-on rendre visite à des parents âgés?

Les personnes âgées et vulnérables sont invitées à respecter les règles imposées durant le confinement, donc à limiter contacts et sorties. Ceux qui leur rendront visite devront respecter les précautions nécessaires. En Ehpad, les visites «restent possibles» mais «organisées selon la plus grande prudence», pendant «les trois prochaines semaines».

Déconfinement, ce qu’il sera possible

ou non de faire à partir du 11 mai

● Les «exilés du confinement» pourront-il rentrer sans encombre?

Pour les forces de l’ordre, ce week-end précédant le déconfinement est stratégique. «Depuis jeudi soir, notre axe d’effort se porte sur le grand retour des Parisiens vers la capitale, mais aussi sur le flux des populations allant d’une agglomération à une autre pour reprendre leur travail et scolariser leurs enfants», observe-t-on à la gendarmerie, où l’on s’attend à ce que ces transferts s’étalent jusqu’à lundi. «Notre but n’est pas d’interdire que les automobilistes reprennent le volant mais plutôt d’accompagner, de réguler et de sécuriser les trajets», précise un officier. Selon nos informations, près de 200 000 Parisiens seront rentrés au bercail lundi. Pour éviter que des resquilleurs se mêlent au flot pour voyager sans motif valable, gendarmes et policiers continueront jusqu’à dimanche à effectuer des contrôles d’attestation. «Mais l’heure est au discernement, tempère un responsable d’unité. Personne n’entend verbaliser des gens qui rentrent chez eux pour reprendre leur travail.» En revanche, cette «transhumance» vers les résidences principales prendra la forme d’un aller simple: dès lundi, les forces de l’ordre seront dans les gares, les aérogares et aux portes des métropoles pour vérifier si les voyageurs disposent bien de leur nouvelle attestation.

● Quelles plages seront ouvertes?

Dans les départements rouges comme verts, forêts et cimetières rouvrent dès lundi. Mais pour les plages, Christophe Castaner n’a pas tranché. Si le ministre de l’Intérieur a déclaré que «la règle générale, c’est la fermeture», il a précisé que le préfet pourrait en autoriser l’accès sur demande des maires et sous réserve de la mise en place «d’aménagements suffisants pour garantir la distanciation physique». Comme pour les marchés, il sera donc statué au cas par cas. Pour respecter la distanciation sociale, des itinéraires distinct d’entrée et de sortie seront instaurés par endroits pour éviter que les personnes se croisent. Des systèmes de «jauges» pourraient être imaginées dans les petites plages et les criques. Venant de Marseille, Toulon ou encore Ploemeur en Bretagne, les demandes d’élus commencent à affluer. À partir de lundi et dans les jours qui suivront, le sable ne sera donc pas accessible partout et le littoral s’étendra telle une peau de léopard, où les étendues redevenues ouvertes seront jalonnées de poches interdites. Pour les CRS et les gendarmes qui déploient des patrouilles, faire respecter cette règle à géométrie variable pourrait virer au casse-tête.

contact@ontpe.org

Author

yvestyko@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *